Kashmir Freeride Ski, The Himalayas, India (janv.-févr. 2019)

Ligne directe sous le télécabine depuis station 1 .. YEEAAH!!!

De retour à Gulmarg en ce début d’année (après 2016), et déjà mon 3ème séjour dans cet écrin de nature à l’état brut, le deuxième à ski. Nous arrivons sur le plateau vers les 16h30 depuis Srinagar et après une longue et belle route en côte, Raju, mon cerbère-à-trois-têtes, a eu l’excellente idée de lâcher un peu les chevaux sur cette route totalement enneigée et se faire plaisir avec son petit bolide, une fois n’est pas coutume en Inde, dans la neige.
Lieu de villégiature privilégié pour chaque amateur de freeride, espèce de Mecque du ride dans son genre, tout ce que l’amateur de sensations fortes vient rechercher se trouve là, au milieu de l’infinité du Pir Panjal (Pré-Himalaya). Grands espaces, liberté totale, le télécabine mis à disposition est le plus élevé au monde, infrastructure ultra-moderne, neige volontairement laissée vierge et fraîche sauf sur une longue piste, guides aux petits oignons, le séjour au Cachemire, cette fois-ci, s’égraine sur 7-semaines avec quasi 3 semaines (18 jours au total à Gulmarg) dévoué au ski!

Plusieurs mètres de neige fraîche, ligne sous le télécabine en direction du village

Accompagné par Anis, un jeune guide de montagne très expérimenté malgré ses 22-ans, est un as de la planche mais également assez incroyable sur ski! On arrive à extirper 12-jours complets de freeride malgré les conditions dantesques dont nous faisons face; c’est effectivement l’hiver le plus rigoureux que le Cachemire ait eu à affronter ces 20-dernières années, de la bouche même des habitants! (je me répète 🙂

Ceci a pour conséquence un travail non-stop, incessant, du personnel local dès les premières lueurs de la journée, un ballet de va et vient autour de la station pour déneiger, maintenir chemins, routes, toitures, et bâtiments praticables ou hors de danger, et garantir un bon approvisionnement des hôtels et échoppes. Pas un grain de sel!

Il a du tomber environ 5-mêtres de pow-pow ( … si, si de poudreuse …!) le week-end du 25 au 28 janvier… S’en suit encore 2-3 mètres de fraîche jusqu’à la fin du mois !! Ensuite le manteau se stabilise quelque peu mais alors vous dit même pas la concentration extrême qu’il faut avoir en skiant car un mauvais choix de ligne et vous partez illico et sans concessions aux fraises! regarde les vidéos, entre gros crashs et descentes de feu 🙂 y a de quoi rire un bon coup en visionnant.

Là, du coup, cher rider, on est servi ! et comme ça ne t’échappe certainement pas, une hauteur de neige de minimum 5m. (si souffflé du vent), jusqu’à 8-10m (hauteur standard en cette année m’a-t-on murmuré…), voir 12-15 mètres par endroits…, c’est tout simplement des conditions extrêmes qui frisent un danger de chaque instant si tu négliges quelques aspects.

More pow… more crash… La quantité de neige rend la pratique du ski particulièrement dangereuse, aucune place à l’approximation, la visibilité est médiocre. Un déluge de neige s’est abattu sur Gulmarg cette année!

Le ballet des hélicoptères peut alors commencer, pour aller sortir du pétrain nombre de riders étrangers s’élançant sans trop voir où ils trainaient les spatules, quelques touristes se prenant pour un pro, pris au piège, et incapables de s’en sortir autrement que par un sauvetage aérien. Ce sont par groupes entiers que les sauveteurs rapatrient ces inconscients à leur hôtel! Bien que lassés, parfois fâchés, par cette attitude inconsciente qui met des vies humaines en danger, ils effectuent néanmoins un travail sans relâche. Pas de blessures graves mis à part quelques poignets chez les snow-boarders et quelques genoux chez les skieurs (tous traités dans le dispensaire bien équipé du village); mais surtout la lassitude des employés du télécabine et autres pisteurs, guides ou de la « team avalanche » composée d’américains, canadiens et indiens. Le risque d’avalanche est de 4/5, alerte rouge continuelle, étant donné les conditions extrêmes et ces chutes de neiges incessantes qui s’invitent au quotidien de nos journées.

Et les touristes qui scandent tous être descendus de « Phase-2 » en se pavanant d’être revenu de Barbarishi (village en contre-bas) en bus public pour 200rp. après une scéance de 1-heure de ski vierge dans la forêt! Bon bref… 🙂 🙂

Et que bis repetitae, 3ème run de la journée…

Il existe 2-niveaux avec ce télécabine: la phase-1 depuis Gulmarg se termine sur le plateau de Kongdoori à 3200m., alors que la seconde phase t’amène au sommet du Mt. Afarawat à quelques 4400m. d’altitude. Lors de ce séjour, la Phase-2 est très fortement déconseillée aux skieurs et n’autorise que des visiteurs cherchant à prendre une photo depuis le sommet et ensuite redescendre en cabine.

Deux seuls skieurs, un jeune canadien de feu débarqué la veille et son guide local, épaulés par une équipe de tournage en hélicoptère, ont réussi à se tailler, se frayer un passage à ski depuis le sommet de la pyramide jusqu’au village, sans trop d’encombres, à travers une masse neigeuse quasi irréelle ! La descente terminée il s’est ensuite directement rendu à l’aéroport, et retour au Canada! J’ai entendu dire, mais qui n’était que rumeur, qu’il a eu très chaud lors d’un passage technique après une barre.

Une neige enfin un peu stabilisée avec le retour du soleil. Nous approchons les derniers jours à Gulmarg.

De ça, alors, rien pour moi… Désolé je vais pas enquiquiner la sécurité locale, envoyer un hélico et m’exposer à un danger mais sûr et certain, pour tenter quelque chose qui n’est en tout cas pas dans mon registre ou dans mes cordes !

En ce qui concerne les snowboarders, évidement, c’est un terrain de jeu qui leur sied beaucoup mieux et ou la portance sur neige de la planche leur confère un équilibre non négligeable; là t’es mieux sur ton board quoi!

Autre détail assez dingue vous en conviendrez, une congère soufflée du vent de plus de 15m. de haut, peut-être même 20m. ou encore 22m. de haut se dresse menaçante du sommet !!! Imaginez si cela se détache et file le long du couloir… Avec les quelques 10-métres de neige à peine stabilisés, je vous laisse imaginer le déluge cataclysmique qui s’en serait suivi.

Comme d’habitude, le facteur insiallah nous permet de mener à bien ces vacances, sans heurts, histoires ou complications, et que tout se soit passé du mieux que l’on pouvait, compte tenu des conditions et avec les moyens du bord! 😉

Le ski est un jeu pratiqué par des enfants en quête de sensations fortes ou d’adultes qui n’ont pas encore passé ce cap 🙂

Avec Anis on s’est contenté de chercher quelques pentes ou couloirs depuis la station intermédiaire, ou le long du nouveau télésiège qui grimpe jusqu’à mi-chemin de la Phase-2 (3750m.). Ma préférée: une ligne verticale qui file directement sous le télécabine, et 2 autres couloirs qui se trouvent côté gauche de l’arrivée à la Phase-1, mais dont il faut avoir une excellente connaissance des lieux à cause de la verticalité parsemée de nombreux et bien gros cailloux, le tout étant recouvert pour l’occase !!

Te laisse maintenant visionner ces quelques descentes, ou tu le verras de suite, c’est pas la neige qui manque, ni la bonne humeur!! Allez magnéto Serge!…

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