L’île de Florès, Indonésie (avr. & sept. 2004)

A Lio, refection d’une maison traditionnelle.

En cette année 2004 c’est un peu la fleur de l’âge en ce qui me concerne. Vie coté suisse est à la reprise et des gosses qui suivent à la lettre des parents engagés et soucieux de leur apporter une bonne éducation, aussi large qu’accessible. Côté temps libre et grâce à un agenda souple en guise de secrétaire de direction dans une école privée de Lausanne, que je combine comme antenne réceptive en Indonésie et Suisse, et guide conférencier (naturaliste ou aventure) dans l’archipel.

Le tourisme se veut plus consciencieux pour lui donner meilleure image, les hôtels de béton qui défigurent le paysage des destinations trouvent alors leurs limites. Le(s) hic(s), et ils sont nombreux, c’est d’abord la crise économique qui se ressent assez durement depuis ce septembre 2001, dans les ménages comme dans les organisations. De la crise, on évite d’en parler pour rester politiquement correct, on prétend même vivre une apogée, bien qu’en 2005 les marchés mondiaux se prennent un revers cinglant, une fessée d’une dévalue d’environ 30% (…) Ceci met tout un chacun dans des conditions financières compliquées, voir dans l’endettement qui devient quasi la norme. Mais que fichtre! Les billets d’avions coûtent quasi rien, donc on veut du confort, du voyage, du dépaysement, et de l’aventure à l’autre bout de la terre; et avec un guide qui doit tout assumer et s’occuper de chacun et chacune, locaux comme clients, pour un prix forcément toujours à la baisse et des exigences à la hausse… Si vous ne voyez une espèce d’anomalie dans cette philosophie moderne, benh! la suite risque fort de ne pas se présenter sous les meilleures auspices.

Madame et sa maison à Bajawa, et comme à son habitude la population se fait discrète face au passage des touristes.

J’anticipe voyant la fin d’une époque, d’un cycle (ces 30-glorieuses…) et décide de mettre les bouchées double au travail. Je bosse comme jamais, sachant que soit mon entreprise goûtera au succès, soit le tourisme global sous perfusion internet s’effondrera sous peu. En cette année 2004, j’unis les forces avec ma nouvelle compagne d’origine russe (avec Madame qui demande le divorce, la procédure est engagée, mais best friends on le restera à toujours), et mes 2-associés français en Indonésie avec nos bureaux de Medan, Yogyakarta et Bali.

Le coup de fil tombe juste avant de rentrer de Moscou (eh oui! 😜) après quasi 3-semaines à promouvoir la Suisse et l’Indonésie à l’MITT (expo du tourisme en Russie) de mars 2004. Les retours sont excellents et beaucoup de travail en vue avec ma petite équipe. Du taff! est en vue sur Florès, et un tour-opérateur français, qui a flairé le créneau, m’y envoie à prospecter et dessiner les futurs circuits de cette nouvelle destination. Totalement intégrée et loin de tout chantier battu (!), Florès propose aussi des extensions faciles sur Komodo ou Rinca (UNESCO) ou d’autres îles de la Sonde. En exemple Lembata et sa fameuse chasse à la baleine en pirogue traditionnelle, Sumba ou Sumbawa qui restent encore à découvrir. Je décolle dans les 10-jours qui suivent avec un arrangement au préalable avec mon directeur de patron. Ahhh!! ces belles années, mais où sont-elles passées ? Puis cette bonne entente et ambiance qui semblait nous porter de l’avant ?

Rizières à proximité de Ende en direction du Kelimutu.

J’y reviens quasi 10-ans jour pour jour, après un premier séjour en 1994. Tout début avril d’abord, et j’y retourne ensuite mi-septembre pour clore la prospection et livrer des circuits clé-en-main!

En portugais, Florès se traduit comme « Fleur », qui est restée, tout comme sa voisine Timor, longtemps sous tutelle lusitanienne.

Florès est déterminée à se mettre à jour au niveau de l’infrastructure, et cet accueil des groupes laisse entrevoir un avenir prometteur, et bien réfléchi. Les personnalités locales du tourisme optent (et d’une seule voix…) pour du basique bien soigné; un concept minimaliste, très bien entretenu, et avec du matériel de construction local. Les chambres sont spacieuses, et avec les facilités que souhaite le visiteur étranger. Le Wi-Fi et les chaines satellites sont déjà implantées, safe-box en chambre, frigo et climatisation de la chambre font partis du confort standard de chaque adresse! L’éventail des hébergements s’étoffe, et propose désormais en plus des quelques hôtels, des Eco-Lodges, hôtels boutiques, guesthouses chez l’habitant, et une kyrielle de bonnes adresses sur la route qui traverse l’île d’Est en Ouest.

Ceci est aussi dans l’optique de maintenir un maximum son littoral à l’écart du chaland, de laisser un minimum de traces humaines, et au temps de s’occuper de la vie insulaire.
Les tours-opérateurs sont avertis, cette île fait partie des destinations de niche et dans leurs nouvelles brochures papier-glacé (aïe) ou en papier recyclé (beaucoup mieux); circuits, avec options et extensions possibles, d’excellents hébergements niveau qualité-prix sont désormais prêts à la consommation.

Eco-lodge à proximité de Labuanbajo

De larges et vastes espaces sont laissés volontairement vierges de toute présence étranger, comme par exemple Riung & ses alentours, sa réserve terrestre ainsi que Pulau Tujuhbelas, sa réserve maritime ou Lokon (région volcanique-ment très active).

Labuanbajo offre un aéroport très bien desservi et très pratique, qui de plus est, une ville côtière située autour d’une baie, tout ce qui a de plus spectaculaire. Craquelée, déchirée par la ceinture-de-feu, aride, quasi désertique, mais aussi généreuse en sa quantité d’eau disponible, Labuanbajo se situe à la pointe Ouest de Flores, à proximité directe de sites de Komodo et Rinca (World Heritage Sites, UNESCO).
Ende est l’autre point d’entrée/sortie à l’Est de Flores, qui en plus du Kelimutu (formation volcanique avec 3-lacs de couleurs différentes) non loin, dispose d’une grande baie à une 50-aines de kilomètres (environ 1-heure de route) prénommée Maumere. Avec une magnifique réserve marine protégée en bordure de mer, et des sites de plongée de tout premier plan mondial, elle mérite à elle seule une visite des mordus de la plongée à Florès! Un peu comme Manado aux Célèbes, mais beaucoup moins commercialisée.

Sinon l’intérieur de l’île est assez génial bien que sa population soit très évasive et pudique avec les touristes étrangers. Ça se passe le long de cette « Trans Flores Highway » ou en contre-bas on peut deviner et parfois observer la Mer, le long d’une cordillère volcanique qui forme l’île de Florès. En contre-haut se dressent une série de volcans si typiques à l’Indonésie, qui ne cesseront jamais de donner ou ôter Vie, vrombir ou rappeler à l’ordre, punir ou fertiliser, « l’esprit de la montagne de feu » rythme aussi la Vie locale et son quotidien. En tout 3-semaines passées à m’imprégner des lieux et à dessiner, esquisser ensemble l’avenir du tourisme sur l’île ; pis une toute grosse banane depuis l’aéroport d’Ende qui me reconduit d’abord à Jakarta ensuite au pays en cette fin septembre 2004, le travail terminé en temps et heure 🙂

Il y aura un des tout derniers vrais hivers bien de chez nous le rigoureux (ou le vigoureux 😉 ) avec son tout plein d’électricité blanche (…), et les deux qui me suivent comme de vrais chefs à ski 😊  Un clin d’œil à cette année 2004, ou cette alchimie prend forme (9-mois en Suisse, 3-mois aux tropiques insulaires) mais bien sûr les garous sont là, bien remontés et tous jaloux, qui lorgnent déjà; mais au moins pour l’avoir mis en place j’y aurai aussi goûté à pleine dent!

Labuanbajo

Komodo et Rinca

L’intérieur de l’île (Moni, Lio, Ruteng, Bajawa, Boawahe, Ende, Kelimutu…)

Portraits de gens et enfants

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