La Pasola, Sumba, îles de la Sonde, Indonésie (mars’04)

On se rend sur les lieux, chacun avec les siens et les moyens mis à dispo…

La Pasola sont ces joutes inter-communales qui ont lieu annuellement sur l’île de Sumba (Indonésie). Elle prend cette place de la plus grande importance dans la Vie et le cœur de chaque Sumba-nais(e) !

La Pasola est une compétition de combat, à la lance et à cheval, de l’ouest de Sumba. Il se joue en lançant des lances en bois à l’adversaire tout en montant à cheval pour célébrer la saison de plantation du riz. Le mot Pasola signifie la « lance » dans la langue locale et dérive du sanscrit soit : « sula » (la lance).

Au fait La Pasola est constituée de plusieurs et aussi bien nombreuses joutes (souvent tenues secrètes), autant à cheval par exemple que des épreuves d’hommes (comme le combat au sol). Chaque année La Pasola est programmée en fonction des demandes populaires et des inspirations du moment. Tout ceci est tenu loin des regards étrangers, pour ne pas s’attirer les commentaires/retours du gouvernement indonésien (qui n’y connait rien en la matière) ou de l’extérieur.

Souvent taxée de violente, la Pasola est au fait un élément du calendrier qui a son rôle bien précis dans la Vie insulaire.

Selon la légende, La Pasola est originaire d’une femme du village de Waiwuang. Lorsque son mari – un dirigeant local – a quitté la maison pendant une période prolongée, elle a cru qu’il était mort et s’est enfui avec un nouvel amant d’un autre village. Après le retour de son mari, la femme a toujours choisi de rester avec son nouvel amant et les deux se sont mariés. Pour oublier la tristesse de leur chef, les habitants de Waiwuang ont organisé le festival de La Pasola.

À l’origine, les participants montaient à cheval et se lançaient des lances pour tenter de répandre du sang sur le sol, comme moyen de remercier les ancêtres pour une récolte réussie et d’assurer une autre récolte de riz prospère.

Le rituel s’est transformé au fil du temps en une bataille simulée. Les pointes de la lance sont maintenant émoussées et leurs pointes métalliques retirées. Alors qu’il était autrefois considéré comme un honneur de mourir pendant La Pasola, seuls des décès accidentels se produisent parfois aujourd’hui. Le sang des humains et des chevaux qui inondait le champ provient désormais uniquement de porcs, de chiens et de poulets sacrifiés. Des policiers armés sont tenus sur leurs gardes pour éviter que des bagarres n’éclatent.

D’ailleurs aujourd’hui encore une Pasola sans sang versé n’est qu’à moitié réussie.

A vivre l’instant à soi…

A partir des années 2010, La Pasola a été promu comme un « jeu » et une attraction pour les spectateurs en visite ; et également une démonstration culturelle locale. Le tout est évidemment promu comme Festival. Alors que l’âme de la véritable Pasola, si les circonstances sont réunies, est tenue à l’écart du visiteur et se dispute à l’écart de toute curiosité extérieure. Elle continue toujours et encore à guider la Vie et le calendrier local, à l’écart des yeux et objectifs étrangers.

A célébrer une victoire de son village…

L’événement commence traditionnellement lorsqu’un certain type de ver de mer nage vers le rivage, signifiant la fin de la saison des pluies et le début des équinoxes. Aujourd’hui, les anciens décident de la date à l’avance pour le bien des touristes et officiels de Jakarta. La Pasola a toujours lieu pendant quatre semaines, au mois de février et de mars et est une démonstration plus que vivante de leur savoir-faire à cheval. Je vous défie de réaliser ces figures et prouesses à dos de cheval devant un spectateur bien aguerri !

Beaucoup s’entend pour se perdre ensuite dans les méandres lorsqu’on débat du sujet, mieux vaut donc juste regarder les images et de se fier au discours du local. La Pasola est visiblement un pilier de la culture locale transformée en Festival. Ainsi s’en va-t-il par exemple pour le Ramayana javanais qu’une Vie consacrée à comprendre sa raison d’être, tenants et aboutissants ne suffisent-ils peut-être pas ?!…

Les festivaliers convergent sur les lieux…

Impressionnant d’y voir le défiler de bus, camions, voitures et autres motos se rendant dans l’ouest de Sumba, plus précisément dans la région du village de Waiwuang. Le Festival prend progressivement de l’ampleur et la foule ne rechigne pas à faire le déplacement annuel.

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