« The Shiva Festival » (Shivaratri), Hardwar, Inde (août 2011)

Chaque année à lieu ce festival en l’honneur du Lord Shiva pendant le mois d’août, qui célèbrent le solstice d’été. Cela correspond également au début de la grande récolte ou moisson annuelle. Les dates et les jours de festivités varient en fonction du calendrier Hindou, car s’étalant sur plus ou moins 1-mois, les célébrations sont au nombre de 12 donc ont lieu tous les 2 ou 3-jours.

Sinon la grosse mousson avec les températures estivales en Inde, vous dis pas la chaleur écrasante. La circulation en moto fut de loin mon idée la plus judicieuse, avec un bon 40° degré de moyenne et proche du 100% d’humidité…! Un petit coup de gaz et une brise vient vous rafraîchir le crâne et les oreilles!

Hardwar, petite ville peu connue des voyageurs (env. 200’000-habitants, c’est peu en Inde…), se trouve à proximité de Rishikesh (soit environ 15km.). C’est également une halte sur la route qui mène le pèlerin jusqu’à Gangotri, aux sources du Gange. Parcontre, dans l’Hindousime, Hardwar est une ville Sainte dont l’importance ne cesse de croître. La raison est assez simple et évidente : se baigner à Har Ki Paudi (Ghat de Hardwar) suppose effacer tous les péchés d’une Vie et faire échapper au croyant le cycle des renaissances dans le monde des formes (ou matérielles).

Ce lieu est également exactement là où le Gange arrive en plaine depuis son glacier, au cœur des montagnes himalayennes, juste après le dernier rapide. C’est à ce lieu Saint où l’eau est la plus propre et totalement buvable, avant que le Gange ne parcoure encore ses derniers 2200-kilomètres jusqu’au Delta du Bengale, à proximité de Calcutta.

Evidemment que pour l’étranger toutes ces fêtes ou rassemblements ne vaut que pour ses couleurs, sons, ses ivresses et gaités (où encore odeurs). Le sens profond ne peut être compris et maîtrisé que par l’Hindou pratiquant et qui habite l’Inde, condition sine-qua-non pour vivre sa spiritualité dans sa totalité. Là y convergent tous et toutes, des sages, astrologues, Saddhus ou fidèles jusqu’aux représentants des plus petites Castes.

En cette année 2011, c’est une liesse mais sobre, voir relativement silencieuse. La récolte, suite à une mousson de dingue, est des vaches grasses! Fruits et légumes abondent sur les marchés et les prix sont peu élevés, due à la quantité disponible. Même l’orange, fruit très apprécié et cher en Inde, ne coute que 8-10 rupees le kilo (avec un cours de 65rp./USD…) et les jus frais se trouvent à chaque coin de rue et abordables pour quasi tous. Pour les plus démunis, ils se voient même se les faire offrir pour l’occase. Scène émouvante qui eut lieu sous mes yeux, sur la route menant justement de Rishikesh à Hardwar : un jeune enfant d’environ 10-ans, vivant dans une gargote en bord de route, salue un camion chargé de fruits et légumes, qui en retour lui lance une belle orange. Il l’attrape au vol, ses yeux alors s’illuminent, tout en la serrant contre lui ; empli d’une joie non dissimulable.

Donc à Hardwar, chemin que j’ai parcouru 2-fois à moto depuis Rishikesh pour assister au Festival, est bondé de monde mais étrangement n’émet que peu de bruits, la joie se ressent au niveau de l’Aura qu’émettent les gens. Entre festivaliers et pélerins en direction du Gange (qui avoisinent le demi-million!), c’est une halte qui remplit alors parfaitement ses tâches : les pélerins se font servir de copieuses assiettes pour quelques rupees, alors que les festivaliers célèbrent une année faste en remerciant Shiva pour tous ses bienfaits ! Benh que dire… justement peu de choses et juste savoir savourer le moment présent.

Ensuite c’est retour à Rishikesh où à l’hôtel le restaurant ne désemplit pas et l’humeur toujours présente jusqu’à 1-2h du mat. Le visa arrive gentiment à expiration, Dehli n’est plus qu’à 200km, et la boucle est bouclée, sans dégâts et quasi frais aucuns. Quelques jours ensuite pour se remémorer Bénarès et continuer la route en direction de la Thailande.

Place aux images…

Quelques portraits…