Eaux-Vives au Zanskar, Inde (14-juillet 2011)

En amont du hameau de Chilling, tout proche du point d’entrée pour la descente en raft.

Le rendez-vous est fixé avant l’heure de départ à 07h00, à l’agence de l’association des guides de Leh, à seulement 15-minutes à pied du guesthouse. Tout le matériel et équipement sont déjà empaquetés et aménagés dans le coffre arrière de chacun des 3 (trois) minibus mis à notre disposition, ceci pour la vingtaine de participants. Evidemment qu’à une heure pareille, j’arrive le premier (ou presque!), genre les 06h35. C’est après le check de nos vouchers et quelques cafés gracieusement offerts et vite avalés, que les derniers retardataires sont enfin prêts à grimper à bord, ceci avec une demi-heure de retard.

Au total, une grosse double heure, voir 2-1/2 (2h30), et même parfois plus (…) de route nous attend depuis Leh (Ladakh) pour rejoindre le point de départ. Situé en léger contrebas, direction l’intérieur de la vallée du Zanskar, nous roulons dans une lumière qui ne fait que gentiment émerger de la nuit noire. Pour rappel, nous nous trouvons tout de même en quasi haute altitude, à une élévation d’environ 3500-mètres; fait peu banal pour la pratique du raft vous en conviendrez.

Une fois atteint le delta du Zanskar, confluent de l’Indus, il nous reste encore une bonne heure à serpenter le lacet, tout en sinuosité direction l’amont du fleuve, où se situe le village de Chilling.

Le Zanskar, comme confluent, rencontre l’Indus qui devient alors fleuve.

Les précipices, côté gauche se suivent et se succèdent le long de la route étroite, où de surcroît il faut assez souvent croiser et pas qu’avec du light : genre camions, bus ou gros 4×4…! Sinon pour nous, voyageurs assis dans un minibus spacieux, prêts à s’éclater et à en découdre avec ce liquide en pleine agitation, c’est surtout les paysages et décors surréels qui retiennent son attention…

Les : Man … « whoow » ou « whahoo » ou autres expressions de béatitude s’écoutent régulièrement dans le véhicule. Sans exagérations aucunes, ces collines qui scintillent au milieu de montagnes se dressant à une hauteur oscillant jusqu’à 7000-mètres et plus, qui émettent ces reflets argentés quasi électriques, semblent venir d’un autre monde ou lune pour être plus exact ! La quantité de minerais dans la roche semble ici infinie, une mine à ciel ouvert à même le sol ou chaque coup de pelle vous enrichirait d’un billet vert ($). Mais comme le dit aussitôt sans souciller notre guide, ici ne se fera aucune concession d’exploitation, indienne ou étrangère, car la population locale viendra à bout de toute tentative d’enrichissement personnel. C’est un endroit à laisser tel quel, sorte de Shangri-Là lunaire et magnétique, où la foudre s’abattra sur quiconque voudra venir y installer ses quartiers !

Chilling est ce point de départ de la descente, qui après quelques minutes de calme quasi plat, comme flottant tout droit le long d’un large canyon reluisant sa beauté, d’une iridescence éblouissante et éclaboussant ses cristallins noir-argentés (oui vaut mieux en effet porter des lunettes de soleil !). En suite la rivière rentre dans une partie technique, s’élargit et sillonne au gré de la déclivité et du gradient de la rivière, où les gros cailloux se mêlent aux constrictions et aspérités du terrain, et enchaînent une bonne dizaine de rapides de niveau III+, tous plus ou moins long. Cela dure environ une bonne vingtaine de minutes. Et quelques grosses marmites (ou remous) qui vont un peu vous tester habilités, réactivité et coordinations.

La route qui remonte la vallée du Zanskar depuis Nimmu.

Avec le guide, informé que mes connaissances en la matière de rafting étaient non-négligeable, ce qui signifie que notre embarcation pneumatique est de fait emmené par deux (2)-guides. On s’est amusé à chercher alors quelques lignes farfelues et plus insolites, pour le plus grand plaisir des autres participants.

On a dû frôler le niveau IV à 2-3 reprises, mais sans plus. Les autres bateaux que nous précédions semblaient un peu tirer la gueule, leur guide devant se tenir strictement à l’entente commerciale (III+) alors que dans notre embarcation les frissons, cris et sensations fortes résonnaient et devaient leur chatouiller la feuille.

Ensuite les quelques 4-5 derniers rapides ne dépassent le niveau-III. A l’initiative du guide local et à la surprise générale du groupe, on s’est même amusé à capsizer ou renverser le bateau contre un gros cailloux isolé et obliger toute l’équipe à la baignade bien fraîche, alors que le soleil battait son fer sur nos rednecks (ou nuques rougies du rayonnement) 😊 ; alors que la température de l’eau devaiit avoisiner les 10°. Un bon petit choc thermique garanti mais pour qui s’est déjà démené une grosse heure sur le bateau, ça devrait lui fera une bonne trempette ; certes un peu brutale mais somme toute bienfaisante et rafraichissante. Certains étaient d’abord un peu irrités de la mauvaise blague (d’autres bien au contraire), mais l’humeur revient vite à la normale. En levant un peu les yeux et ces paysages toujours aussi fastes, nous entrons dans un second canyon plus étroit, à mi-chemin entre la gorge. On peut retourner à la baignade pour certains, en se jetant à l’eau tout en accompagnant le pneumatique et se faire ramener à bord une fois la fraîcheur excessive.

Le reste n’est qu’un long fleuve tranquille, quelques séances où avec sa pagaie on s’amuse à s’asperger entre nous et la fatigue arrivant gentiment, il reste bien 2-3 kilomètres à ramer pour rallier le point de sortie.

Entrée dans le second canyon, après déjà une heure et demie à bord du pneumatique

Une chose doit faire l’objet d’informations supplémentaires (huh !) : une forme d’autocomplaisance peut sembler apparaître, alors en décrivant une descente de difficulté 3+ avec un peu trop de panache. Pendant que des secteurs supérieurs de la rivière, certains d’être toujours dans l’attente d’être naviguées ou de « perdre leurs virginité » (terme du jargon), tournent autour de V+(+?)… Voir quelques portages éventuellement indispensables ou même obligatoires avec d’importants repérages à faire au préalable.

Cela nécessite une autre paire de manches et de préparations… C’est juste que de s’éclater dans ce liquide limoneux en minerais, presque gris, avec toujours et encore ce décor totalement féerique aux reflets oniriques et qui miroitent, à quelques 3300m. d’altitude… ! Et je me laisse à nouveau un peu m’emporter, mais imaginez aussi un peu le jeu de lumières dans ces conditions.

Ainsi nous arrivons à Nimmu, endroit où le Zanskar, son émissaire principal, se jette et se mêle à/dans l’Indus. Ce dernier devient alors fleuve qui va encore traverser en contrebas son plateau éponyme, aux confins entre le Cachemire et la Chine, puis du Pakistan avant de se jeter après ses quelques 2800 kilomètres dans le Golfe d’Arabie.

Un copieux buffet attend les 3-rafts et sa 20-aine de participants, le ventre gargouillant son impatience, et avec le bon chai à volonté ! Partis aux 07h30 matinales, avec attentes en bord de rivière au point de départ pour le briefing technique, se mettre dans le jus et synchroniser les 3-bâteaux. Ensuite une 1/2-heure sur les rivages de la rivière Zanskar, une natte disposée sur un bout de plage, nous attendent encas et thé ; une fois les passages techniques derrière soi et quelques échanges verbaux évidement éloquents et grandiloquents … 😊 (et/ou concernant la poussée d’adrénaline que chacun vient de se prendre!) Du petit IV reste du IV et bien sûr te donne déjà un aperçu bien concret de la discipline. Tout cela indique que le début du déjeuner se situe autour dès 13h30, sa fin à 15h. et que nous sommes de retour à Leh vers 16h30. Longue, riche et abondante journée de nature, paysages et frissons aqueux le long de cette région, qui à son habitude n’est pas une destination fréquentée par des touristes étrangers.

Bon (ok!), les éloges sur la beauté sauvage de la région est déjà bien entendue, comprise, et assimilée. Mais, réellement, tous les témoignages de voyages sont unanimes : la région du Zanskar, entre villages pittoresques, monastères haut perchés, lacs plus ou moins grands totalement sauvages et intactes, hauts sommets himalayens, et également une culture et modes de vie indigènes (textiles, artisanat local, structure sociale, etc.) baigné par le Bouddhisme et d’une candeur infinie se murmure-t-il, dépasse l’entendement.

C’est une région Himalayenne, flanquée entre le Ladakh et le Cachemire (dont il partage de longues frontières régionales communes) d’une éclisse pure et spontanée, (hors du commun), n’est point de récit exagéré ! Et donc voilà stop (… !), je m’arrête là.

Enjoy the pics now !