Bénarès, Inde (août-sept. 2011 & mars 2019)

Ma première visite ici date de 1995, quand avec un groupe de copains et mon amie, après plus de 3-ans d’Asie du Sud-Est, nous décollons de Bangkok décidés de faire les 6-mois du visa. Enfin prêts pour en découdre avec l’Inde…

Fraîchement débarqué à Dehli, je prends le premier train en direction de Bénarès (aujourd’hui Varanasi) pour les rejoindre sur place. Je me souviens des premières 24-heures passées en Inde comme si c’était hier, à mi-chemin entre un déjà-vu et une totale découverte. Tout se goupille parfaitement, j’y rencontre l’équipe au complet sur place, et restons quasi 2-mois à Bénarès!

Le Thali coûte 10-rupees, pour un Dal c’est 5, et le paquet de Marlboro ou un Bhang Lassi sont à 30. Sur les nombreuses terrasses l’on rédige des cartes postales, bouquinons, ou sirotons une bière guide à la main ! Les touristes se mêlent sans peine et se confondent dans la masse toujours en mouvement et curieuse, chacun vaquant à ses ouvrages, affaires ou obligations, une fois installé sur place. Oui ça c’était Bénarès, mais il y a déjà 25-ans déjà… Satiété totale au niveau des sens, ivresse d’être, je me sens comme un enfant à découvrir un nouveau monde; et qu’au gré des rencontres l’on prenne le soin et le temps pour me l’expliquer aussi. Chapeau bas !!! Tout baigne mis à part un système digestif bien défaillant, fichtre. Côté intellectuel, j’en suis à ma consommation maximale de livres. Ah! ce jeune vieux con et déjà nostalgique ! 🙂

Les adjectifs manquent tant le séjour m’a réconforté dans ma quête personnelle et mes positions, à un moment de ma vie ou ce voyage apparaît comme une évidence, voir un besoin profond.
Je suis plongé dans cette atmosphère totalement unique et féerique, donc forcément décalée où la population et le spirituel se confondent au rythme de la vie quotidienne. L’Inde à cette époque vit encore profondément ancrée et enfouie dans ses coutumes; le système des Castes est visible partout.

Bénarès au long des Ghats

Le long du Gange la Vie prend forme autour des Ghats vers 9-10h. du matin, les gens s’y installent et vaquent à leurs occupations ou parfois obligations (religieuses). A cette époque la photo n’est qu’un vague hobby où seule l’Indonésie figure sur mes quelques clichés. Nous voyageons sac-à-dos et la photo est alors une activité relativement compliquée et chère. Les vecteurs qui nourrissent mon quotidien sont la découverte d’un autre mode de vie et ses innombrables facettes (musique, littérature, philosophie, nourriture, volutes célestes 😊 etc., etc…) qui me poussent de l’avant.
Après quelques temps, et grâce aussi à la présence de Catherine, nous faisons connaissance avec quelques Sahhous (Homme-Saint dans l’Hindouisme) qui occupent le rivage du Gange, et partageons les journées autour de shiloms et autres pipes entre camarades et autres badauds. Nos rires et réparties résonnent encore au loin dans ma tronche, au fin fond de mon esprit et de ma pensée, comme une traînée de guirlandes lumineuses éclairant une boîte noire (la tête quoi !)

Les pièces d’un passé tumultueux et fragile se mettent en place, ainsi nombre de réponses me sont apportées, ou corroborées. Notre chambre (à moins de 2$/jour!) est située au sommet d’une vieille chapelle qui surplombe le Main (principal) Ghat avec vue directe (et imprenable!) sur le fleuve, et toutes ces activités foisonnantes qui s’y déroulent sans quasi discontinuer. Au rythme des rencontres et humeurs, de ses petites ruelles typiques, ses échoppes ou marchés, ses vieux quartiers typiques; découvertes à pied ou en rickshaw autour d’une ville Sainte où se côtoient bâtiments, monuments et temples d’une rare richesse architecturale. Et toujours cette vie, incessante, qui abonde et interpelle. Nous sommes malgré tout en plein hiver et en cette année il a été décidé qu’il ferait particulièrement froid. Qu’importe..

Photos panoramiques, Bénarès (Varanasi, 2011 & 2019)

Cette visite de 2011 eu lieu lors de ma dernière semaine de visa, après 11-semaines entre Goa et l’Himalaya. La mousson est frénétique, d’une rare violence mais ensuite la récolte aussi a été gargantuesque, donc les forces à nouveau se rééquilibrent. Les Ghats sont pieds dans l’eau, le Gange s’est gonflé au maximum (voir photos), et il est impossible d’emprunter la promenade le long du fleuve ou même de s’en y approcher. Sinon et entre temps, la ville s’est agrandie de manière spectaculaire et l’Inde a bien tourné la page de son passé shanti ou bucolique, pour entrer dans la cour des nations qui comptent sur la scène internationale. Par contre, et tout en s’inscrivant dans sa bien connue tradition de sagesse, la vieille ville historique n’a pas été affectée par le développement et continue à exercer ses fonctions de ville sainte ouverte à tout pélerin.

La ville de Bénarès, Uttar Pradesh, Inde (2011 et 2019)

Bénarès s/Gange, Inde

Bénarès, portraits

Benares Railway Central Station (Gare centrale de Bénarès) en 2011,