Patna beach, Kerala, Inde (décembre 2018)

Venu dans le but d’y passer la fin d’année et retrouver ce soleil qui fait tant défaut en nos latitudes en cette période hivernale, j’attéris à Trivandrum en ce 12-décembre 2018. La plage se trouve à environ une heure de route.

Les inondations massives qu’ont subies la région 4-mois plus tôt, et dont les images ont fait le tour de la planète, je pensais n’étaient qu’un mauvais souvenir et que la vie reprenait déjà gentiment son cours. Mauvais discernement de ma part, je ne m’étais pas rendu compte de l’ampleur de la catastrophe.

A mon grand étonnement l’aéroport était flambant neuf et sa taille très imposante, pour une ville provinciale; et ces nouveaux grands hôtels de luxe qui poussaient à proximité directe de l’aéroport… Pour quelqu’un qui a déjà bien voyagé, je remarquais aussitôt la patte de l’aide internationale: des investissements massifs dans de l’infrastructure, mais au final que d’argent gaspillé ! Ca n’est pas de nouveaux bâtiments ou autoroutes dont la population a besoin, mais simplement ce que les inondations leur a ôté des mains: la récolte et la famille.

Mon intention première était de rester 3-semaines sur Patna et ensuite louer une moto pour se diriger à l’intérieur des terres. Je renonçais assez vite à cette idée, ne me sentant pas d’aller rouler dans une région d’habitude si gaie et conviviale, mais qui cette année n’était pas d’humeur à vous accueillir avec un « Hello Mister »… L’ambiance dans l’arrière-pays devait être pesant, maussade et au recueil, la plupart des victimes des inondations étant des enfants en bas âge et des familles pauvres; n’ayant pu se défendre contre la montée des eaux, et encore à la recherche d’aide.

Panier de fruits de l’Inde, le Kerala doit aussi sa réussite économique à l’excellente organisation de son agriculture et ses « backwaters ». Son climat tropical lui autorise culture de quantités de fruits et légumes, c’est une région normalement baignée du soleil. Mais cette année les éléments se sont acharnés et c’est une année de misère noire, la pire de mémoire d’homme j’ai même entendu. Suite aux inondations, il n’est plus tombé une seule goutte d’eau et le sol s’est rapidement asséché à en devenir quasi poussiéreux…

Le soleil est obstrué par cette poussière omniprésente, frileux il n’apparait que peu (…), il fait bien plus froid qu’à l’accoutumée, le mercure ne dépasse pas les 24° (au lieu des 32° habituels) au plus fort de la journée, une brume recouvre le ciel qui empêche le rayonnement du soleil, et la qualité de l’air n’est pas bonne ! On sent la population tendue, les ventres creux et même une certaine colère inhabituelle aux Malayalams… Mais où sont passés les billions de l’aide internationale ??

Bref cet endroit magique qu’est Patna beach, plage sacrée dans la mythologie hindoue n’affichait qu’une bien pale copie de ce qu’elle fut pendant toutes ces années, une adresse bien gardée, un resort bien géré et un lieu de villégiature parfait pour y passer ses vacances. De la bouche des locaux, il faudra encore attendre 2-ans que la région se remette de ce coup très violent du sort !

Patna Beach, Varkala, Kerala, Inde

Patna beach, scènes de vie

Patna beach au crépuscule

Les environs de Varkala,

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